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CINÉ
TÉLÉ REVUE
-Pourquoi avoir voulu dédier vos livres aux Thébaines
?
- Une précision est nécessaire : tout ce qui concerne Hatchepsout
est véridique, tandis que tout ce qui porte sur les Thébaines
est fictif. Ces personnages romancés me permettent de me propulser
ailleurs que dans le palais du Pharaon. Mon héroïne, Séchat,
est à l’origine de toute une descendance que l’on suivra
dans les volumes suivants. Mais ce n’est pas un récit uniquement
féministe. Je décris aussi la vie des hommes. Dans une moisson
ou une vendange, ceux-ci travaillent comme les femmes.
LE
PRÉSENT
Propos
recueillis par Catherine Robinson
-Que ressentez-vous pour la pharaonne Hatchepsout ?
- Beaucoup d'admiration. Parce qu’elle a été la seule
femme pharaon. On connaît énormément de grandes reines
égyptiennes. Elles ont joué des rôles importants,
mais elles ont été soit mère, soit épouse
de roi. Aucune n’a porté la double couronne sur la tête
et le pectoral du pharaon.
-Mais Hatchepsout n'est-elle pas actuellement prisonnière
d'un phénomène de mode ?
- On la découvre, contrairement aux Ramsès ou aux Thoutmosides.
Depuis quelques dizaines d’années, on mesure la portée
du personnage.
-Lorsqu'on compose une tétralogie, ne court-on pas
le risque de parfois se perdre dans les détails ?
-C'est très long. Mais, comme j’ai voulu faire le parallèle
entre la vie d’Hatchepsout et celle des femmes au quotidien, une
saga de plusieurs volumes n’est pas de trop.
L'EXPRESS
DE NEUCHATEL
Propos
recueillis par Sonia Graf
-Après
l'histoire de Dhuoda, femme écrivain du haut moyen-âge,
Léonor Fini, peintre, vous vous attaquez à Hatchepsout.
Vous sentez-vous investie d'une mission dans la défense et l'illustration
des femmes ?
-Pour Hatchepsout, j’ai poussé beaucoup plus loin encore
mes investigations. Elle fut la première pharaonne égyptienne.
Mais je ne défends pas la cause des femmes en tant que telle ;
je souhaite mettre en lumière les oubliées de l’Histoire,
des anthologies.
-Entre
les Thébaines et les femmes d'aujourd'hui, y a-t-il une permanence
?
-Sous la 18ème dynastie et en particulier sous le règne
d’Hatchepsout, la femme égyptienne est très libre,
plus qu’avant et plus qu’après. Elle monte dans la
hiérarchie des dignitaires, on trouve des femmes scribes, mais
aussi artisans.
LE
JOURNAL DÉLIRIUM
Propos recueillis par N.A.Kay
-D'où
vous vient ce désir, voire ce besoin d'écrire sur les femmes
?
-C'est vrai que c'est un parti pris depuis le premier livre que j’ai
écrit sur Dhuoda, la première femme écrivain carolingienne
au temps de Charlemagne. En écrivant ce premier livre j’ai
pris le parti de faire connaître toutes les femmes qui avaient une
vie intéressante, marquante et enrichissante mais qui ont été
occultées au fil des années. J’ai choisi de faire
revivre ces femmes qui ont marqué leur époque mais que l’on
a tendance à ignorer aujourd’hui.
-Au fil de la lecture des différents tomes des «
Thébaines », on se rend compte que toutes ces femmes sont
issues de différentes couches sociales. Est-ce pour faire un parallèle
entre la vie de vos héroïnes et celles des femmes contemporaines
?
-Ce qui m'a beaucoup plu dans la 18ème dynastie, c’est-à-dire
1450 ans avant J.-C., c’est une dynastie où l’on retrouve
la femme très libérée, très indépendante,
elle a son mot à dire dans la société, elle a des
responsabilités à prendre. Cela commence avec le début
de la 18ème dynastie quand les femmes ont pris la direction du
pays alors que les pharaons et les princes étaient allés
chasser l’ennemi qui avait envahi l’Égypte. C’est
un peu comme à la guerre de 14 – 18 où tous les hommes
étaient partis sur le front et les femmes devaient tenir le pays.
L’on a donc vu des femmes de tête indépendantes, des
femmes de pouvoir.
-Que souhaiteriez-vous que l'on retienne du cycle «Les
Thébaines» ?
-Si l'on recherche le point de vue féministe on dirait en conclusion
que la femme contemporaine essaye de prendre des exemples sur certaines
des Thébaines. Par contre sur le plan historique, tout étant
remis en cause souvent, on remplacera des propos par d’autres que
l’on effacera en s’apercevant que l’on fait fausse route.
Je souhaite que ceux et celles qui lisent « Les Thébaines
» retiennent que rien n’est vraiment acquis à jamais
dans l’évolution des femmes dans la société.
LE
MATIN DIMANCHE
Interview
Catherine Prélaz
Comment
vivait-on sous le règne de la célèbre pharaonne
Hatchepsout ? Pour mieux le raconter, Jocelyne Godard invente «Les
Thébaines».
-Comment sont nées les Thébaines ?
-Elles sont la part fictive de ma saga. Ce sont elles qui me permettent
de raconter la façon dont les femmes vivaient sous la 18ème
dynastie, sous le règne d’Hatchepsout. Les Thébaines
sont tout à fait crédibles dans la mesure où je les
introduis dans la société de l’époque, dont
elles vivent le quotidien. Elles ne se contentent pas de demeurer dans
le palais de la pharaonne, mais côtoient tous les milieux, des plus
riches aux plus pauvres.
-L’Égypte connaît alors une époque florissante,
où les femmes ont droit à des responsabilités et
à des libertés qui leur étaient interdites auparavant.
Hatchepsout est un cas unique, puisqu’elle accède au trône
du pharaon. Mais il y aura, quelques décennies plus tard, la reine
Tiyi, puis sa belle-fille Néfertiti, qui aura, elle, un rôle
religieux de première importance. C’est d’ailleurs
avec elle que j’achèverai ma saga.
-Hatchepsout a-t-elle participé activement à
la cause des femmes ?
-Aucun document n'en parle, mais c’est probable. On a vu qu’après
elle, d’autres femmes ont préservé ce privilège
de la puissance et de l’autorité et ont pu s’élever.
Cela étant, le sort de la femme a toujours connu des hauts et des
bas. Si nous ne sommes pas vigilantes, nos acquis peuvent être rapidement
perdus. Ils sont fragiles.
L'ALSACE
Propos
recueillis par Pierre Schmidt
Les
Thébaines : des femmes actuelles
-Jocelyne Godard, qu'est-ce qu'une Thébaine ?
-C'est une femme jeune, cultivée et habile, habitant Thèbes,
qui est la capitale de l’Égypte à l’époque
où se situe mon histoire, c’est-à-dire au cours de
ce qu’on appelle la 18ème dynastie, qui commence vers 1480
avant J.-C. J’ai utilisé ce terme pour désigner la
population féminine qui va émerger pendant ces 150 ans dynastiques.
Toutes les Thébaines sont fictives, sauf celles qui sont au pouvoir.
-
Pourquoi en avoir fait un sujet de saga ?
- Parce que durant cette période, les femmes égyptiennes,
et en particulier les Thébaines, ont été très
brillantes. Qu’elles soient à la cour, scribe, ou agricultrice,
elles travaillaient beaucoup et occupaient des postes importants, comme
cela ne s’était pas vu auparavant.
LE
PRÉSENT
Propos
recueillis par Catherine Robinson
Jocelyne Godard nous a habitués à de jolies sagas.
Aujourd'hui, elle nous raconte « Lys en Val de Loire » publié
aux éditions Stock.
-Que
vous inspire le Moyen Âge ?
-On a voulu faire du Moyen Âge une période d’obscurantisme
or celui-ce s’étend sur une très longue durée
qui va de l’an mille à l’an mille quatre cent. Il est
certain que dans les dernières années cette époque
s’ouvre au modernisme, aux nouveautés et les découvertes
sont fondamentales.
-Est-ce
cette tapisserie de l'Apocalypse qui vous a inspiré le roman ?
-J'ai écrit ce roman pour raconter le conflit entre Isabeau de
Bavière et la duchesse d’Anjou, la première souhaitant
démolir la France tandis que l’autre usait de tous ses pouvoirs
pour la préserver. J’ai donc été amenée
par le biais de l’époque à connaître cette Apocalypse
et à imaginer un scénario autour d’elle.
LA
RENAISSANCE
Propos
recueillis par Géraldine Baraud
-Qu'est-ce qui vous a incitée à participer au
5ème Salon du Livre médiéval de Bayeux ?
-C'est la première fois que j'entends parler d’un salon exclusivement
dédié à l’histoire médiévale.
J’ai tout de suite accepté d’y participer.
-Il existe aujourd’hui beaucoup de documents et d’ouvrages
sur le Moyen Âge. Mais cette vaste période qui s’étend
de l’an mille à 1400 gagne à être davantage
connue, à travers la littérature.
-Le
thème de la tapisserie est très présent dans l'un
de vos derniers romans, « La Nuit des démons ». Pourquoi
?
-La tapisserie en général est incontournable dans l’histoire
médiévale, notamment à la fin du Moyen Âge
jusqu’à la Renaissance. C’est un thème très
important en terme d’art comme d’artisanat.
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